Chemins Nocturnes

L’Armée furieuse

Fred VARGAS

« Cette nuit-là, dit-elle lentement, Lina a vu passer l’Armée furieuse.

̶ Qui ?

̶ L’Armée furieuse, répéta la femme à voix basse. Et Herbier y était. Et il criait. Et trois autres aussi.

̶ C’est une association ? Quelque chose autour de la chasse ?

Madame Vendermot regarda Adamsberg, incrédule.

̶ L’Armée furieuse, dit-elle à nouveau tout bas. La Grande Chasse. Vous ne connaissez pas ?

̶ Non, dit Adamsberg en soutenant son regard stupéfait.

̶ Mais vous ne connaissez même pas son nom ? La Mesnie Hellequin ? chuchota-t-elle.

̶ Je suis désolé, répéta Adamsberg. Veyrenc, l’armée furieuse, vous connaissez cette bande ? La fille de Mme Vendermot a vu le disparu avec elle.

̶ Et d’autres, insista la femme.

Un air de surprise intense passa sur le visage du lieutenant Veyrenc. Comme un homme à qui on apporte un cadeau très inattendu.

̶ Votre fille l’a vraiment vue ? demanda-t-il. Où cela ?

̶ Là où elle passe chez nous. Sur le chemin de Bonneval. Elle a toujours passé là. La nuit ? C’est toujours la nuit qu’elle passe. Veyrenc retint discrètement le commissaire.

̶ Jean-Baptiste, demanda-t-il, vraiment tu n’as jamais entendu parler de ça ? Adamsberg secoua la tête.

̶ Eh bien, questionne Danglard, insista-t-il.

̶ Pourquoi ?

̶ Parce que, pour ce que j’en sais, c’est l’annonce d’une secousse. Peut-être d’une sacrée secousse. »

Nul doute que la fratrie « maudite » du village normand rejoindra la galaxie des personnages mémorables de Fred Vargas. Quant à Momo-mèche-courte, il est le fil conducteur de la double enquête que mène ici le commissaire Adamsberg, confronté à l’immémorial Seigneur Hellequin, chef de l’Armée furieuse.

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Presse & Librairie

Michel Abescat, Télérama

« Le flic fétiche de Fred Vargas a rendez-vous avec les fantômes. Et le polar, avec la poésie. On entre dans ce roman comme le Petit Poucet dans la forêt. En suivant des miettes de pain qui courent de la cuisine à la chambre, où repose une ex-accro du ménage que son mari a fini par étouffer après cinquante ans de mariage. Outre que ce meurtre à la mie de pain se révèle typiquement vargassien – une histoire cruelle piquée de fantaisie -, il introduit parfaitement à l’univers du conte dont l’auteur se réclame avec constance. La magie opère ainsi immédiatement, que l’on ait lu ou pas ses dix précédents romans, que l’on soit ou non amateur du genre policier. Car les livres de Fred Vargas ont le pouvoir d’attraction des « histoires » que l’on se raconte de toute éternité, celles dont le mystère résiste, à mi-chemin entre légende et réalité, suffisamment intrigantes et extraordinaires pour qu’on les écoute bouche bée, suffisamment proches du quotidien et des angoisses de tout un chacun – celle de la mort en particulier – pour qu’on y croie dur comme fer. […] Car entre « l’aigre réalisme » des affaires politico-financières, « secrets sans surprise, lassants de pragmatisme », et la musique « inintelligible et dissonante » de la cavalcade de chevaux noirs à travers les bois millénaires, le héros comme l’auteur n’hésitent pas. C’est l’inconscient collectif, l’éternel de la vie et des rapports humains qui intéressent Fred Vargas. Et la dissonance, effectivement, le pas de côté, le regard en biais. Foin du réalisme et de la critique sociale généralement attachés au genre policier Fred Vargas laisse aller sa fantaisie, son goût des digressions et des dialogues qui ne font pas « avancer l’action », son sens du détail inutile. […] C’est une poétique du roman policier qu’elle propose ainsi, une façon d’appréhender le monde, d’en faire surgir la beauté malgré tout. Pour le lecteur, c’est un plaisir sans fin. »

Yann Plougastel, Le Monde Magazine

« Voilà un livre où l’on entre doucement, par des chemins de traverse, en prenant son temps. L’intrigue principale ne commence à se profiler qu’à la vingtième page et encore, on se demande si tout cela est bien sérieux. Auparavant, on a renoué avec l’attachant commissaire Jean-Baptiste Adamsberg toujours aussi lunaire, et ses adjoints (Danglard, Veyrenc, Retancourt…) qui, depuis une quinzaine d’années, font presque partie de notre famille tant leurs aventures peuplent notre imaginaire. Ces gens-là, on les aime, avec leurs tics, leurs défauts, leur intelligence. Toujours est-il qu’une nouvelle fois, avec patience et rouerie, Fred Vargas construit une histoire un peu dingue, où interfèrent d’autres affaires parallèles destinées à brouiller les pistes … »

Bruno Corty, Le Figaro littéraire

« Comme toujours chez Fred Vargas, les digressions comptent au moins autant que l’enquête, les dialogues sont efficaces, savoureux et les personnages, qu’il s’agisse des hommes d’Adamsberg (la « déesse polyvalente » Retancourt, le poète Veyrenc, l’hypersomniaque Mercadet) ou des autochtones, valent le détour. Le must c’est bien sûr Adamsberg, ce commissaire à la mise négligée, à l’orthographe hésitante, ce rêveur passionné de nature qu’on a vite fait de prendre pour un ringard tant son esprit semble lent, éparpillé, et qui, à la manière d’un inspecteur Colombo, accumule patiemment les indices, collecte les détails, pour mieux confondre les criminels. Trois ans après Un lieu incertain, la discrète Fred Vargas revient en pleine forme avec ce roman policier décalé, poétique et mystérieux, loin des canons du genre, qui comblera ses innombrables lecteurs de par le vaste monde. »

Albert Sebag, Le Point

« La petite musique vargasienne est encore au rendez-vous et ses aficionados vont être comblés. Car L’Armée furieuse recèle tous les ingrédients de l’étonnant festin qu’elle nous sert depuis 2001, année du coup de maître Pars vite et reviens tard. […] Ce qui ne cesse de fasciner chez Fred Vargas, c’est son exceptionnelle aptitude à faire convoler réel et fantastique. Il y a du André Hardellet et du Dino Buzzati dans cette prouesse littéraire. »

T. G., Les Echos

« Mais peut-on arrêter L’Armée furieuse ? On n’arrêtera pas en tout cas le talent de Fred Vargas, au sommet de son art. »

Alexandre Fillon, Livres Hebdo

« L’ensemble donne un roman noir qu’on ne lâche pas et que l’on savoure à petites gorgées. Un nouveau grand cru de l’auteure inimitable de Pars vite et reviens tard. »

B.L., Point de vue

« Personnages singuliers, décalés, mais vivants en diable, dialogues enlevés, drôles et plutôt hauts de plafond, intrigues nouées serrées, inspirées, aux rebondissements inattendus … Ah, on vous envie de ne pas l’avoir encore lu ! »

Marie Chaudey, La Vie

« Fred Vargas aime les gens, elle donne leur chance aux mal foutus, aux pas beaux, aux pas tout à fait conformes, aux doux rêveurs. Et les conduit à se serrer les coudes pour s’en sortir. Frétillant plaisir de lecture. »

Philippe Manche, Le Soir

« Une écriture éminemment poétique. Avec son air de ne pas y toucher, des mots apparemment simples, des phrases et des dialogues tentés de surréalisme, Fred Vargas émeut autant qu’elle nous fait sourire. On s’attache aux personnages autant qu’à l’intrigue qui peut paraître tarabiscotée, comme chez Agatha Christie ou Simenon, mais qui se dénoue in fine grâce au talent d’enquêteur d’Adamsberg avec une simplicité déconcertante. On aime aussi le fait que la romancière semble prendre un malin plaisir à nous mener en bateau tout en se moquant gentiment de notre pomme. »

zoom sur l’auteur

Fred VARGAS
Fred Vargas est née à Paris en 1957. Fred est le diminutif de (...)

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Fred VARGAS

Paru le 01-06-1994

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